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Les pathologies auditives

Acouphène : causes et traitements

Les acouphènes touchent 15% de la population à un moment ou à un autre de la vie, ce qui en fait un véritable enjeu de santé publique.

Ces bruits parasites, sifflements, bourdonnements, grésillements ou battements, perçus sans qu'aucune source sonore extérieure n'en soit à l'origine, peuvent profondément affecter la qualité de vie des personnes qui en souffrent.

Intimement liés aux troubles auditifs, les acouphènes concernent 70% des personnes atteintes de surdité, tandis que 90% des personnes souffrant d'acouphènes présentent une perte auditive. Bien que souvent bénins, ces symptômes peuvent devenir envahissants et impacter le sommeil, la concentration, voire conduire à l'anxiété et la dépression lorsqu'ils s'installent durablement.

Comprendre les mécanismes des acouphènes, leurs causes multiples et les solutions existantes constitue une première étape essentielle pour mieux les gérer au quotidien. Nous vous proposons d'explorer cette pathologie sous tous ses aspects : de ses manifestations à sa prise en charge, en passant par le rôle crucial des émotions dans la perception de ces bruits internes.

Qu’est-ce qu’un acouphène?

Les acouphènes correspondent à la perception de bruits de nature diverse (sifflements, bourdonnements, grésillements, battements, etc.), pouvant être perçus sans qu'ils ne proviennent d’une source sonore du monde extérieur.

La prévalence de cette pathologie est d’un adulte sur dix en France, ce qui en fait un problème de santé publique non négligeable.

  • 70% des personnes atteintes de surdité ont des acouphènes, 
  • 90% des personnes qui ont des acouphènes souffrent de surdité.

(Source : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/acouphenes/definition-causes-consequences-acouphenes)


Quelles sont les symptômes des acouphènes?

Les symptômes des acouphènes s’expriment par la perception d’un son qui ne provient d’aucune source sonore extérieure, dans une oreille, les deux et parfois dans la tête lorsqu’ils se généralisent.

L'acouphène est un symptôme, un signal d'alerte indiquant un dysfonctionnement quelque part dans le système auditif. Ce n'est jamais la pathologie elle-même. Considérez-le comme une douleur : ce n'est pas la maladie, mais l'indice qu'il faut investiguer pour débusquer la cause sous-jacente.

Adopter cet état d’esprit est la clé pour aborder la prise en charge de manière efficace et rationnelle.

01.

Les différentes formes d'acouphènes

Selon les personnes, les acouphènes prennent des formes différentes. Certains décrivent un sifflement continu, tandis que d’autres parlent plutôt d’un bourdonnement, d’un grésillement, d’un vrombissement ou encore d’un chuintement. Les acouphènes peuvent être de nature grave ou aiguë. Enfin, ils peuvent apparaître en continu ou de manière ponctuelle.

02.

Une intensité variable

L’intensité de la perception et la gêne associée varient considérablement d’une personne à l’autre.

03.

Les facteurs influençants

Les acouphènes sont influencés par le stress, la fatigue, l’anxiété ou encore le moment de la journée, et peuvent être renforcés en cas d’exposition à des bruits environnants forts sans protection.


Quelles sont les causes des acouphènes?

Les acouphènes subjectifs

Les acouphènes peuvent avoir des causes diverses et variables. Dans 95 % des cas, il s’agit d’acouphènes subjectifs, dont les principaux facteurs de risques sont listés ci-après. Le dysfonctionnement de l’oreille est à l’origine d’une perturbation de l’activité neuronale, elle-même responsable des acouphènes, et cette perturbation peut ensuite se généraliser à l’ensemble du système nerveux central.

  • Des pathologies de l’oreille interne

    Comme la perte auditive progressive liée au vieillissement des oreilles (presbyacousie).

  • Une infection de l'oreille

    Telles que les otites, une labyrinthite, une névrite vestibulaire.

  • Certaines pathologies spécifiques

    Comme la maladie de Ménière qui affectent le bon fonctionnement cochléaire.

  • Une exposition au bruit (traumatisme sonore)

    Que ce soit de manière chronique, prolongée ou ponctuelle altère les structures auditives.

  • Un choc émotionnel

    Peut déclencher des acouphènes en perturbant l'équilibre du système nerveux et en augmentant le stress, ce qui affecte l'audition.

Les acouphènes objectifs

Les 5 % restants sont des acouphènes dits objectifs et les causes peuvent également être multiples :

  • D'origine vasculaire

    Certaines artères et veines peuvent être situées trop proches de la cochlée.

  • Liés à des problèmes de pression artérielle

    Cela induit généralement des acouphènes dits "pulsatiles".

  • Liés à un dysfonctionnement de muscles situés dans l’oreille moyenne.

    Cela induit la sensation d'acouphènes perçus comme des “cliquetis”.

  • Liés à des troubles d’origine maxillo-faciale ou cervicale induisant des troubles musculo-tendineux/articulaires

    Cela se manifeste par une sensation de craquements, de sons “mouillés”, ou de bulles d'air qui claquent.


Comment les acouphènes affectent-ils la vie quotidienne ?

Les acouphènes peuvent avoir un véritable impact sur la vie quotidienne, car la perception d’un son dans l’oreille ou dans la tête, même discret, peut devenir difficile à supporter.

Lorsqu’il est permanent, ce bruit interne peut gêner l’endormissement, provoquer des réveils nocturnes, voire des insomnies et engendrer une fatigue accentuant les difficultés de concentration dans les activités quotidiennes, de l’anxiété et une irritabilité accrue.

Or, ces conséquences renforcent à leur tour la perception des acouphènes. Cette boucle auto-entretenue peut conduire à un véritable sentiment de mal-être, voire à la dépression.

Même si les acouphènes ne sont pas visibles de l’extérieur, ils peuvent devenir un réel handicap, affectant la qualité de vie et les performances professionnelles des patients qui en souffrent. Une prise en charge adaptée peut heureusement aider à réduire cette gêne et à mieux la gérer au quotidien.

Quel rôle joue le système limbique, centre des émotions, dans la perception des acouphènes?

Le système limbique, considéré comme le centre des émotions du cerveau, joue un rôle majeur dans la perception des acouphènes.

Lorsqu’un bruit interne apparaît, ce système peut l’interpréter comme un signal menaçant ou dérangeant. Cette réaction émotionnelle attire davantage l’attention sur l’acouphène, le rendant ainsi plus présent et envahissant. C’est ainsi qu’un effet de boucle auto-entretenue peut se mettre en place : plus l’acouphène est perçu, plus l’on s’y focalise, et plus le cerveau le renforce.

Le modèle neurophysiologique développé par le Dr. Pawel Jastreboff permet de mieux comprendre ce mécanisme. Selon lui, l’acouphène résulte d’une activité inhabituelle dans le système auditif, mais c’est surtout la manière dont le cerveau du patient l’interprète, notamment via le système limbique, qui détermine son intensité et l’inconfort ressenti. C’est pourquoi certaines personnes vivent leurs acouphènes de façon très gênante, surtout en période de stress, de fatigue ou après un choc émotionnel, tandis que d’autres les perçoivent beaucoup moins.

Ainsi, les acouphènes ne dépendent pas uniquement de l’oreille : ils sont également influencés par nos émotions et la manière dont notre cerveau réagit à ces sons internes.

Quand consulter un médecin pour des acouphènes ?

Il est important de consulter un médecin dès l’apparition d’un acouphène, surtout s’il survient brutalement ou s’accompagne d’une perte auditive.

Un sifflement soudain, intense ou tout changement rapide de l’audition constitue une urgence afin de prévenir d’éventuelles complications.

Même si les acouphènes sont souvent bénins, seul un médecin ORL peut poser un diagnostic précis.

Lors de la consultation, il effectuera un examen clinique complet pour identifier la cause éventuelle des symptômes et déterminer le traitement le plus approprié. Consulter rapidement permet de mieux gérer les acouphènes et d’éviter que les sons perçus ne deviennent envahissants dans la vie quotidienne.

Comment traiter les acouphènes ?

La plupart des acouphènes s’atténuent naturellement avec le temps grâce à la capacité du cerveau à ignorer ces sons par habituation.

Lorsque les acouphènes persistent, différentes solutions existent selon leur type :

Les acouphènes objectifs

Ces bruits sont réellement produits par le corps, comme des pulsations ou des vibrations.

Le médecin ORL peut proposer des traitements médicaux, chirurgicaux ou des séances de kinésithérapie. Les appareils auditifs ne sont utiles que s’il existe une perte auditive.

Les acouphènes subjectifs

Liés à un dysfonctionnement des voies auditives, plusieurs approches sont possibles.

En cas de perte auditive, un appareil auditif peut aider à réduire la perception de l’acouphène : une remobilisation des fibres auditives de la zone correspondant à la perte d’audition permet généralement d’avoir de bons résultats sur l’inhibition de la sensation d’acouphène.

Sinon des thérapies sonores, comme la TRT (Thérapie de Rééducation des Acouphènes -Tinnitus Retraining Therapy), utilisent la diffusion de sons agréables (bruit blanc, bruit rose…) et une éducation sur le mécanisme des acouphènes pour aider le cerveau à s’y habituer.

En masquant partiellement le sifflement ou le bourdonnement et en réduisant leur impact émotionnel, elles visent surtout à diminuer la gêne plutôt qu’à faire disparaître complètement les acouphènes.

L’essentiel reste une prise en charge personnalisée, souvent pluridisciplinaire, impliquant un suivi étroit entre le médecin ORL et, si nécessaire, l’audioprothésiste.

Cette approche permet d’évaluer le type d’acouphène, sa fréquence et son impact sur la vie quotidienne, afin de combiner les solutions les plus adaptées, qu’elles soient médicales, sonores ou comportementales.

En complément, des approches alternatives peuvent être proposées pour mieux gérer la gêne et le stress associés aux acouphènes.

Par exemple, la sophrologie, le sport, la diététique ou des techniques de relaxation favorisent la détente et améliorent la qualité du sommeil. Des méthodes psychologiques, comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou l’EMDR, peuvent aider à réduire l’anxiété et le stress, rompant le cercle où l’inquiétude amplifie le bruit perçu.

Il n’existe malheureusement pas de médicament miracle permettant de faire disparaître les acouphènes ; néanmoins, certains traitements à base de ginkgo biloba, de mélatonine, de minéraux (souvent magnésium et zinc), et vitamines, permettent de vous soulager et d’améliorer votre état général et notamment le sommeil, la circulation sanguine ainsi que l’état de stress, pour limiter le cercle vicieux des acouphènes.

Comment éviter les acouphènes ?

La meilleure manière de prévenir et de limiter les acouphènes consiste à protéger votre audition et à maintenir une bonne hygiène de vie, notamment en soignant votre alimentation, votre sommeil et en réduisant alcool, tabac et stress.

Évitez les expositions prolongées à des environnements sonores intenses, que ce soit au travail ou lors de loisirs bruyants (écoute de musique au casque, trajets en voiture, concerts ou festivals), et utilisez des protections auditives adaptées.

Si des acouphènes apparaissent, il est essentiel de consulter rapidement un professionnel de santé. Une démarche proactive permet de détecter le problème tôt et de mettre en place les solutions appropriées.

Vous souhaitez consulter un audioprothésiste pour vos acouphènes ? Prenez rendez-vous dans l’un de nos centres auditifs, près de chez vous.

Foire aux questions

Questions fréquemment posées

Qu’est-ce qu’un acouphène pulsatile ?

Un acouphène pulsatile se manifeste par un bruit perçu dans l’oreille qui suit le rythme cardiaque, tel un battement ou un souffle régulier. Il est généralement lié à la circulation sanguine et nécessite une consultation médicale afin d’en déterminer la cause. Il n’est donc pas lié à un dysfonctionnement du cortex auditif, ou à un problème relevant de la neurologie.

Que faire en présence d’acouphènes ?

Si un acouphène survient, surtout s’il est soudain ou associé à une perte auditive, il est important de consulter rapidement un médecin ORL. En attendant la consultation, évitez les environnements bruyants, réduisez le stress et surveillez les facteurs déclenchants tels que la fatigue ou la consommation d’excitants. Découvrez notre autre page sur comment soigner les acouphènes.

Comment reconnaître un acouphène ?

Un acouphène se caractérise par la perception d’un son dans l’oreille ou dans la tête en l’absence de source sonore externe. Il peut se présenter sous forme de sifflement, bourdonnement, grésillement, vrombissement ou pulsation, et être constant ou intermittent, aigu ou grave. Pour vérifier si un bruit est réellement un acouphène : en se bouchant les oreilles, si le son persiste, il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’un acouphène. Si le bruit diminue ou disparaît, il s’agit probablement d’un son provenant de l’environnement.

Quand faut-il consulter un médecin en présence d’un acouphène?

N'attendez pas que le bruit s'installe. Vous devez impérativement consulter un médecin si le sifflement persiste au-delà de quelques jours, s'il survient brutalement sans raison apparente, ou s'il ne touche qu'une seule oreille. L'inaction risque d'aggraver la situation.

Certains signes exigent une réaction immédiate, c'est une véritable urgence. Foncez consulter si l'acouphène s'accompagne de vertiges violents, d'une perte auditive soudaine ou s'il est pulsatile (rythmé par le cœur). Dans ces cas précis, chaque heure compte.

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